Thursday, March 29, 2007

Petit détour au paradis

Jusqu’ici personne n’avait encore pu atteindre le Paradis et témoigner de cela. Et ben moi j’ai pu atteindre le Paradis, enfin c’est un des paradis comme il en existe sur Terre !
Ce paradis s’appelle l’Ile Maurice.
Petit État insulaire situé à l’Est de l’Afrique, cette île vit grâce à sa végétation luxuriante et à son tourisme qui n’arrête pas de se développer. Avec une population d’environ un million et 200/300 000 individus, ce petit pays et l’un des pays phare de l’Afrique. Sa population est dite multiculturelle ! Voila un mot que nous arrivons difficilement à comprendre, surtout de nos jours. Partout à l’extérieur du pays, les dirigeants ne ratent jamais de faire l’éloge de cette diversité, qui rend ce pays très particulier. Mais cette situation d’harmonie totale est bien là, la cause de beaucoup de convoitise. En effet les tissus sociaux et ethniques y sont très fragiles. Lors de l’indépendance de l’ile en 1968, de graves troubles ont précédé cette accession à ce nouveau statut. Ces troubles se sont localisés dans les faubourgs de la capitale Port Louis. Ces bagarres ont opposé les locaux de foi musulmane à ceux de la communauté dite Créole. Cette page sombre de l’histoire mauricienne n’est pas beaucoup évoquée et l’on préfère de taire sur cela. Ces troubles ont marqués la toute petite histoire de ce pays. Mais ils ont surtout mis en évidences le fait que la vie entre communautés est très fragile et qu’il suffit d’un rien pour déclencher une bagarre. Nous avons pu constater le même phénomène dans l’ex-Yougoslavie, ou faire cohabiter serbes, bosniaques, croates, monténégrins n’a pas été chose facile. La seule personne qui a réussi en parti à les faire cohabiter ce fut le Tito. Mais après sa mort la guerre a été malheureusement inévitable. Tout cela pour vous dire que partout ailleurs on a testé de faire cohabiter un ensemble de communautés entre elles. Mais les résultats n’ont été malheureusement pas toujours positifs. On se rappelle de l’épisode du Rwanda ou Hutus et Tutsis se sont entre-tués pour une simple histoire d’appartenance ethnique, et pourtant ils étaient tous du même peuple.
L’Ile Maurice a échappé heureusement à tout cela.
Pour en revenir à ces bagarres, provoquées visiblement par des esprits du mal, ce que j’ai pu constater c’est que tout cela n’est pas venu d’un seul coup. En effet ces deux communautés, à savoir les musulmans et les créoles, qui sont pour la plupart des chrétiens, se sont alliés d’une part afin d’empêcher l’indépendance du pays ; car les deux communautés sont minoritaires face à la communauté hindoue qui représente environ 60% de la population. Donc ces minorités se sont convenues pour empêcher que l’Union Jack soit remplacé par le quadricolore mauricien. A première vue ces deux la n’avaient aucun intérêt de se quereller entre eux. Il y donc eu à l’époque une manipulation externe qui a profité de cela. Et à l’époque ceux qui ont profité de cela furent les partisans de l’indépendance. Dans l’esprit collectif mauricien, beaucoup crurent que donner le pouvoir politique aux Hindous créerait des troubles et des discriminations dans le pays. C’est pour cela que suite à ces troubles, beaucoup de personnes de la communauté créole partirent à l’étranger et abandonnèrent leur poste plus au moins élevé au sein de cette jeune administration mauricienne dirigée par Sa Majesté. Erreur ou pas ? Je ne puis en juger mais le fait est que pour les créoles qui restèrent, souvent se sont eux qui n’avaient pas les moyens financiers de partir, ce fut le début da la chute en arrière. L’on peut de nos jours, constater que ceux qui se trouvent en bas de l’échelle sociale et économique sont ces gens issus de la communauté créole. Est-ce que le gâteau laissé par ces chers anglais n’était pas assez pour tout le monde ? Il est à noter également que l’indépendance ne fut pas accordée sans contrepartie. En effet, ce cher père de la nation, (pour ceux qui ont pu visiter l’ile, savent que son effigie et sur toutes les pièces de monnaies et sur un des billets de l’ile, auquel on tente de créer tout un mythe autour pour faire croire qu’il a arraché l’ile aux mains des colonisateurs), a vendu dans sa grande sagesse l’ile de Diego Garcia aux Britanniques pour une somme dérisoire de 40 millions de livres. 40 millions pour déplacer la population qui vivait sur ce territoire, c’est beaucoup. La preuve : ces chagossiens ont eu à leur arrivée sur l’île des bidonvilles tout fais ! Merci au Père de la Nation!
Alors ces quarante millions ont servis au développement du pays ? Je n’en suis pas si sûr. Sur un compte suisse peut-être ? J’ai dit peut-être, alors pas d’accusation de diffamation s.v.p. Comme dans tout ce genre de pays colonisés, que nous connaissons bien en Europe, mettre un pion qui puisse continuer l’œuvre de ceux qui ont amené la civilisation est chose évidente, comme le dirait Franz Fanon. L’ile Maurice n’a donc pas échappé à ce processus de décolonisation ‘pacifique’.